Le chêne de Miberlan

Un des tumulus du groupe de Villebourgeon a été coupé par le chemin qui va de la ferme de la Collardière (La Coulardière) à la route de Chaumont à Neung par Villebourgeon. Cette tombelle est placée sur le bord de l’ancienne voie romaine.

 

«Au pied de la tombelle, du coté de l’ouest est un vieux chêne, encore plein de vigueur qui la couvre de ses rameaux.

Cet arbre s’appelle le chêne de Mi-brelan. Ce nom lui vient de ce qu’il se trouve placé dans l’un des angles de terre formés par l’intersection de quatre chemins et ces sortes de carrefours passent pour être les endroits que les sorciers et les diables choisissent de préférence pour tenir leur Brelan.

Peu de villageois se hasardent à passer à minuit dans ce carrefour, certains qu’ils seraient d’y rencontrer la ronde du sabbat s’exécutant autour de la tombelle et du vieux chêne et à laquelle ils seraient forcés de prendre part au grave danger de leur âme.

Sa situation au point où le croisement de la route d’Yvoy et de Chaumont forme quatre chemins, le voisinage du vieux chêne au pied duquel s’est vu pendant longtemps un de ces cercles de gazon desséché connu sous le nom de cercle des sorciers, ont fait choisir cet endroit pour y placer la ronde du sabbat. Elle s’exécute particulièrement dans les avents de Noël, à minuit autour du chêne qui en a retenu le nom de Chêne de Mi-brelan.

Pendant le brelan des diables et des sorciers, un réchaud plein de charbon ardent est placé au sommet de la tombelle et des feux merveilleux s’en élèvent incessamment; des cris plaintifs se font entendre dans les bois environnants, la ronde y répond par des hurlements de joie. Ces cris sont ceux des âmes qui sont tombées dans les pièges tendus par le diable; les personnes qui se dirigeraient vers l’endroit d’où ils partent seraient infailliblement entraînées par les esprits malins qui fréquentent ce lieu de perdition. Les voyageurs qui passent près du chêne de Mi-brelan quand le branle des sorciers a lieu, sont forcés d’y prendre part»

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Aujourd’hui, le Chêne des sorciers est mort, il a perdu ses dernières feuilles en 20XX. Quelques années auparavant le tronc, qui était complètement creux, avait été rempli de béton afin que le vieux chêne ne s’écroule pas.

 

L’histoire du Chêne de Miberlan, d’après Bernard Edeine dans «La Sologne». Documents de littérature traditionnelle, Paris-La Haye, Mouton, 1975, 342 pages (thèse complémentaire de doctorat ès lettres)

 

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